PJ Harvey - The hope six demolition project

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Polly Jean Harvey est une auteure, compositrice et interprète active depuis 1991.

 

De quoi parle-t-on ? :

PJ Harvey rebranche sa guitare et propose un rock plus pêchu que celui du précédent album, Let England Shake.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Album plutôt rythmé mais qui est prioritairement fait pour entendre et comprendre les paroles de PJ Harvey. Cela n’empêchera bien sur personne de se déhancher sur The Wheel ou sur A line in the Sand.  

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Que celui qui ne s’est pas surpris à chantonner les refrains de The Wheel ou de Near the Memorials to Vietnam and Lincoln me jette la première pierre.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Avec The Community of hope, The Wheel, A light in the sand ou à un degré moindre Near the Memorials to Vietnam and Lincoln, PJ Harvey vient peut-être de réaliser sans le savoir le tube du rock indépendant de l’été 2016.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Rock sans fioritures, monocorde, qui s’écoute bien en format compressé. Seul le chant investi de PJ Harvey peut éventuellement nous entrainer vers les grands espaces.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en  boucle sur ma platine

 

Après cinq années d’absence, la prêtresse du rock britannique revient vers ses ouailles pour prêcher la bonne parole… et le bon rock.

Il est étrange pour une citoyenne anglaise de prendre partie contre un obscur et fort méconnu projet de revitalisation de l’urbanisme des grandes villes aux Etats-Unis, le HOPE VI. Faisons toutefois confiance à PJ Harvey qui n’hésite pas à utiliser le nom de ce programme comme titre de son album pour mieux le torpiller et dénoncer la gentrification qu’il a provoqué dans les rues de la capitale américaine, Washington, sur l’enjoué The Community of hope. Ce nouvel opus est un recensement, malheureusement non exhaustif, des misères humaines entrevues par la britannique notamment lors de voyages au Kosovo, en Afghanistan et aux Etats-Unis.

Côté musique, la belle revient à un rock plus basique, plus abrupt. Pour donner force à ce discours vindicatif, PJ Harvey se met à nu, elle pose sa voix habitée sur le rock puissant des deux Ministry, of Defence et of Social Affairs, ou encore sur Medicinals. Elle utilise le blues-rock sur Chain of keys et sur The Orange monkeys ou passe en mode chorale sur Near to the Memorials to Vietnam and Lincoln. L’auteure du mythique To bring you my love ne ménage pas ses efforts, elle maintient une haute intensité tout au long de The Hope six Demolition Project, tout juste se permet elle quelques plages de décompression sur River Anacostia et en clôture de l’album sur Dollar, dollar.

PJ Harvey n’a pas encore dit son dernier mot, l’émergence de nouveaux disciples et icones du rock au féminin comme Ana Calvi ou Torres n’a pas ébranlé son aura. Elle continue simplement de tracer son sillon sur la route du rock, dans un style intemporel et original, loin des agitations de la sphère musico-médiatique.