EL VY - Return to the moon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Super-groupe américain composé du chanteur et songwriter de The National Matt Berninger et d'un ancien membre de Menomena Brent Knopf.

 

De quoi parle-t-on ? :

Le duo alterne les balades et les morceaux rock. Cette musique laisse peu de place aux sonorités électroniques. Le chant de Matt Berninger rapproche certains titres du travail des National.  

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Quelques titres rock mais toujours sur un rythme mid-tempo qui permet de battre tranquillement la mesure.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Matt Berninger a emprunté la machine à refrains de son groupe, The National.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Return to the moon, Need a friend ou Sleeping light seraient, dans un monde parfait, des singles imparables… malheureusement notre monde déteste la perfection.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Rock léger et monocorde, quelques balades, cet opus accepte plutôt bien le format compressé.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Les américains de The National sont l’archétype du groupe parfait. Pas une seule faute de gout, des albums qui contiennent à peu près tous les critères du chef-d’œuvre, il existe peu d’autres exemples d’une telle réussite sur une si longue durée.

Matt Berninger, songwriter émérite, est la cheville ouvrière de ce triomphe. Il profite d’une pause salvatrice du combo de Cincinnati pour se joindre à Brent Knopf ancien membre des américains de Menomena, notamment connu pour l’excellent album Mines sorti en 2010.

Ces associations de poids lourds du rock n’augurent pas toujours du meilleur. De This Mortal coil dans les années 80, en passant par l’expérience ratée de Billy Corgan avec Zwan ou l’une des innombrables réunions de Jack White avec Alison Mosshart des Kills ou Brendan Benson, on ne peut pas dire que le résultat soit toujours à la hauteur. Mais puisque toute démonstration peut être contredite, les exemples récents de FFS, The Last Shadows puppets ou plus ancien de Temple of the dog ont prouvé que la somme des talents peut aussi générer l’excellence.

EL VY et son rock lumineux fait indéniablement partie de cette dernière catégorie. Le très pop Return to the moon ouvre subtilement l’album du même nom, ce titre est un single puissant et racé. Paul is alive est un morceau que les National auraient pu interpréter, No time to crank the sun ou Sleeping light laissent un peu la même impression, le timbre de voix si particulier de Matt Berninger n’est certainement pas étranger à cette affaire. Le duo dissémine ça et là quelques balades comme les magnifiques Silent Ivy hotel, It’s a game ou Careless. Les américains savent aussi être plus rugueux, plus blues, plus rock, I’m the man to be, Sad case ou le « sauvage » Happiness, Missouri en sont la parfaite illustration.         

Matt Berninger et Brent Knopf ont su tirer le meilleur d’eux-mêmes pour transcender leur collaboration. Return to the moon est un petit chef-d’œuvre à l’identité propre qui ne doit presque rien aux National ou à Menomena.