Venom - Black metal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Trio Anglais à l’époque composé de Conrad Lant (Cronos), Jeffrey Dunn (Mantas) et Anthony Bray (Abaddon). Formé en 1979, le groupe a connu de nombreux changements de line-up (Cronos est le seul membre d’origine encore présent) et deux séparations puis reformations.

 

De quoi parle-t-on ? :

En deux albums, le groupe a posé les bases d'au moins trois sous-genres du Heavy-metal : le Speed, le Trash et le Black-metal. Venom a profité du travail de défrichage opéré quelques années auparavant par les Anglais de Motorhead.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Ne rentre dans aucunes de ces catégories tant cette musique est explosive.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Les aiguilles de l’ampli toujours au taquet, un brouhaha musical des plus perturbants, une voix à la limite du supportable, il faut quelques écoutes pour se sentir bien dans cet enfer sonore.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

A ne pas mettre en toutes les oreilles. On ne vient pas naturellement à l’écoute d’un groupe comme Venom, il faut avoir gouté à différentes violences musicales avant d’arriver à ce degré ultime.  

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

La production à bas coup de Neat records laissait grandement à désirer. Pourtant ce son un peu « dégueulasse » a certainement contribué à la légende de Venom.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il a tourné en boucle sur ma platine

Qui se rappelle encore de ce groupe explosif? Apparu en plein revival Heavy du début des années 80, le style satanique un peu grand guignol et pyrotechnique du trio souffla comme un vent nouveau sur le monde du Heavy-metal en dépeçant, au passage, le corps encore fumant du mouvement de la New Wave Of British Heavy-Metal (NWOBHM pour les intimes).

Basse tronçonneuse, batterie marteau-piqueur, guitare scie électrique et voix d’outre-tombe étaient la marque de fabrique de ce groupe hors du commun. Cronos, Mantas et Abaddon, surnoms issus de diverses références mythologiques liées à l’apocalypse et aux enfers, inventèrent un nouveau style, le Black-metal, où s’engouffreront par la suite des légions d’ersatz avec plus ou moins de réussite. Pour bien comprendre le phénomène Venom, il faut se replonger au début des années 80 où les spécialistes d’alors attribuèrent au combo une part importante dans cette évolution radicale du Heavy-metal, se remémorer que le groupe était vénéré par des hordes de fans et que lors de ses tournées il embarquait en première partie des petits inconnus comme... Metallica ou Slayer.

Le premier album, Welcome to Hell, avait posé les bases de cette nouvelle furie, Black-metal, le bien nommé, imposera violemment ce nouveau genre dans l’histoire du rock. Ceux qui ont écouté cet album en vinyl doivent certainement se rappeler du bruit strident d’ouverture, sorti tout droit des entrailles de la terre, qui agressait nos oreilles dès que l’on posait la pointe de diamant de la platine sur le bord large en pourtour du disque, là où normalement il n’y avait pas encore de son. Cet opus est jonché de standards, l’orgiaque Countess Bathory, l’effrayant Buried alive, le brutal Black-metal ou l’initiatique Teachers pet brillent en lettres de feu au fronton de la porte des enfers, où leur copain, Satan, doit encore frémir de plaisir à l’évocation de ces brulots.

Après ces deux opus mythiques, actes fondateurs du Trash-metal et références incontournables d’une démoniaque descendance, le trio perdit totalement pied. La musique commença à dérailler, les Anglais enchaînèrent les albums médiocres sans pouvoir effleurer à nouveau un tel niveau, le grand barnum satanique sombra dans le ridicule en même temps que le groupe tomba dans l’oubli.

Malgré un parcours chaotique, Venom existe encore aujourd’hui, mais il survit dans un quasi anonymat, seulement suivi par une poignée d’irréductibles fans. Ceux qui aiment ce style de musique brutale, sans concessions, joué aux limites de la capacité humaines, brillamment représenté par la suite par Slayer, Kreator ou Sepultura, doivent absolument écouter Welcome to Hell et Black-metal pour découvrir le patient zéro des origines du mal.