Nick Cave & The Bad Seeds - Ghosteen

 

 

 

 

 

 

 

  

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe australien, actif depuis 1983, dont la cheville ouvrière est bien sur l’immense Nick Cave. Les Bad Seeds sont aujourd’hui composés de Thomas Wydler, Jim Sclavunos, Martyn Casey, Warren Ellis et George Vjestica.

 

De quoi parle-t-on ? :

Dans la continuité de Skeleton Tree, Nick Cave expose son désespoir et son deuil dans la plus triste et la plus belle des langueurs.  

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

L’auditeur doit éviter d’écouter cet album lorsque son humeur est mélancolique.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

La puissance mélodique est certes intense, mais l’émotion, très présente, impose à l’auditeur de multiples écoutes.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

L’album impressionne par sa beauté… mais peut aussi lasser l’auditeur en raison de sa très grande affliction.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

A l’instar de Skeleton Tree, interdiction de compresser ce chef-d’œuvre de désespoir et de recueillement.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine (10)

 

Le sublime et triste Skeleton Tree n’était donc pas tout à fait l’album du deuil de Nick Cave. Avec le recul nécessaire à la méditation, l’australien revient aujourd’hui avec les Bad Seeds sur le drame familial qui l’a profondément meurtri sur le fabuleux et sombre Ghosteen.

Comment la musique peut à ce point exprimer la plus grande des afflictions et tout à la fois la beauté la plus pure ? L’australien, qui se serait bien abstenu de créer cette alchimie, compose l’amalgame de l’intense souffrance et de la magnificence. Ce nouvel opus se décompose en deux parties, huit titres au « format standard » et à l’extrême puissance mélodique pour la première, et une seconde faite de très longues pièces musicales où Nick Cave parle plus souvent qu’il ne chante. Le natif de l’état de Victoria appose sa voix chargée d’émotion, parfois étranglée par les sanglots, sur les notes langoureuses du désespéré Spinning Song. La mélodie céleste de Bright Horses est dans la lignée mirifique du splendide Distant Sky, point d’orgue du précédent exercice, Skeleton Tree. L’album arrive à l’apogée du recueillement avec l’émouvant Waiting For you. Sur sa durée, Ghosteen nous happe dans une ambiance mortuaire et nous fait découvrir dans le même temps, par la force et le rayonnement de ses harmonies, les paysages bucoliques du paradis.

Ces paysages enchanteurs, d’ailleurs figurés sur la pochette de l’album, sont certainement les lieux de repos éternels rêvés par Nick Cave. Cette œuvre funéraire, une nouvelle fois très éloignée des habitudes rock du combo, est tout simplement et pour l’éternité un sommet de l’art musical.