Suuns - Felt

De qui parle-t-on ? :

Quatuor canadien, actif depuis 2007, composé de Ben Shemie, Liam O’Neil, Max Henry et Joseph Yarmush.

 

De quoi parle-t-on ? :

Comment définir cette musique ? Répétitive, sombre, électronique, … la seule chose réellement notable dans ce magma expérimental est l’utilisation plus intense des nappes synthétiques.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Uniquement pour le côté synthétique de cet album, le rythme étant souvent trop désaxé pour pouvoir générer le moindre mouvement.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

La musique parle d’elle-même, l’on est loin ici de la structure classique d’une mélodie.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Tout être normalement constitué arrêtera l’écoute de cet opus avant la fin du premier morceau… fort heureusement, il existe quelques esprits assez dérangés pour pousser un peu plus loin l’aventure.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Il est déjà difficile d’appréhender cette musique dans des conditions d’écoute optimales, alors en format compressé…

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Quelques semaines après sa sortie et avec le recul nécessaire à l’écoute de ce style musical pour le moins expérimental, il est temps de donner un avis sur le nouvel opus des canadiens de Suuns.

Habitué aux délires psychotiques éraillés au noisy-rock, le quatuor montréalais s’intéresse aujourd’hui aux bienfaits de l’électronique. Attention, cela ne veut évidemment pas dire que les Suuns s’adonnent aux joies du dancefloor, leurs désirs synthétiques sont plutôt à chercher dans la fange ténébreuse et répétitive du dubstep. Le sombre et entêtant Look No Further illustre à lui seul la nouvelle structure harmonique concoctée par l’esprit torturé du combo québécois. Ce schéma post-apocalyptique se répand à l’envi sur les déjantés X-Alt, Watch You, Watch Me et Daydream ou encore sur les inquiétants et plus calmes After The Fall, Control et Materials. L’utilisation quasi exclusive de nappes synthétiques aère néanmoins l’ambiance nauséabonde qui suintait parfois des précédents opus du groupe. Les titres Baseline et Make It Real, qui lorgne plutôt du côté de l’electropop, arrivent même à nous faire penser que l’on écoute un disque presque « normal » …

A l’instar de ses trois prédécesseurs, Felt est donc un album à part. Un objet au fonctionnement à contretemps, à contresens, à des années lumières des normes établies en matière de construction musicale. Les Suuns prennent un malin plaisir à sortir des chemins balisés, à casser les codes, à ne rien faire comme tout le monde… et c’est finalement cette propension pour le chaos que l’on adore chez eux.