Destroyer - Ken

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe canadien, actif depuis 1995, construit autour de sa tête pensante, Dan Bejar. Il est principalement entouré de Scott Morgan, initiateur du projet ambient Loscil, et de John Collins, membre par ailleurs des excellents The New Pornographers.

 

De quoi parle-t-on ? :

Entre folk, pop et rock, Dan Bejar balade la beauté de ses arpèges sur les terres des mythiques Apartments.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Album mélancolique mais loin d’être apathique, l’on se surprend même à battre la mesure sur la plupart de ces nouveaux morceaux.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Ken est un condensé de fluidité et de puissance harmonique.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Il y a peu de chances que cet album rencontre le succès, nombre de ces titres mériteraient pourtant l’intérêt du grand public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

L’on ne compresse pas la beauté et la pureté musicale.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Vous ne le savez peut-être pas encore, mais le Canada et l’Australie viennent de signer un accord de partenariat musicale. Dan Bejar, soliste en chef de la formation Destroyer, et Peter Milton Walsh, grand ordonnateur de la musique alternative dans la zone Océanie et accessoirement leader des fabuleux Apartments, ont ratifié ce traité bilatéral après de longues et âpres négociations. Les mélodistes désireux d’inscrire leurs compositions dans ce nouvel échange transpacifique devront évidemment respecter quelques critères très précis. Beauté musicale, finesse des arpèges, vocalises divines, poésie torturée et esprit d’indépendance assumé en seront les principaux.    

Pour fêter dignement cet accord, c’est le représentant canadien en personne qui montre l’exemple avec sa nouvelle collection de mélodies, compilées sur l’album Ken. Que dire du morceau d’ouverture, Sky’s Grey, tout simplement qu’il est un chef-d’œuvre à l’essence harmonique hors du commun. Le traité n’interdit bien sûr pas de s’adonner au rock, comme le démontre les fantastiques In The Morning et Cover From The Sun, mais les ballades langoureuses seront préférées, à l’instar des lumineuses Saw You At The Hospital, Rome et Stay Lost. S’inspirer des grands anciens sera évidemment fortement conseillé, un exemple est donné ici avec la ligne de basse de Peter Hook, ancien pensionnaire des mythiques New Order, qui illumine la pop de Tinseltown Swimming In Blood. A doses homéopathiques et à condition qu’elles n’altèrent pas le propos musical, les notes synthétiques seront aussi les bienvenues, Sometimes In The World et La Regle Du Jeu illustrent idéalement la marche à suivre pour leur dosage et leur intégration.   

Par son raffinement et sa ligne parfaite, Ken sera donc le mètre étalon de ce pacte mélodique intercontinental. La longue expérience de Dan Bejar, riche de déjà onze albums, et son immense talent seront un guide pour ceux qui voudront atteindre le graal de l’excellence musicale.