LCD Soundsystem - American Dream

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Projet solo du producteur, musicien et DJ américain James Murphy. Notre homme écume la scène rock depuis 1988, mais c’est en 2002 qu’il a fondé LCD Soundsystem.

 

De quoi parle-t-on ? :

Le mélange entre post-punk et sonorités synthétiques est toujours d’actualité, même si ces dernières ont tendance à se faire plus discrètes.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

A part l’hypnotique Tonite et le bouillant Emotional Haircut, rien ici ne permet de courir vers le dancefloor.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

A l’instar des précédents opus, l’ensemble s’apprécie beaucoup mieux sur la longueur.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Une aura proche de celle du grand David Bowie, mais un minimalisme abrupt et froid qui ne sera pas forcément la tasse de thé du grand public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Cet ensemble d’electro et de post-punk navigue plutôt bien dans la compression.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Sept ans après le gigantesque This Is Happening, James Murphy relance enfin le projet LCD Soundsystem.

Plutôt actif ces derniers temps dans son autre métier - producteur - l'on pensait malheureusement que l'américain avait abandonné le songwriting et avait définitivement choisi de se ranger des voitures.

Mais fort heureusement, la source créatrice du natif du New Jersey est loin d'être tarie. Dans une version moins dansante qu’auparavant, il explore aujourd'hui la période post-punk du début des années 80 par son versant le plus ambitieux, celui de Suicide, de Talking Heads et surtout de l'immense David Bowie. Le métronomique et langoureux Oh Baby lance divinement ce nouvel American Dream. C’est dans les effluves du Once In A Lifetime des new-yorkais de Talking Heads que le brillant Other Voices puise son inspiration. Les influences s’entrechoquent, s’amalgament, l’évidence Bowie bien sûr avec les lumineux Change Yr Mind et Call The Police, mais aussi le duo du regretté Alan Vega sur l’électrique et minimaliste Tonite. Dans son style musical rêche et étincelant, James Murphy offre avec American Dream un hommage appuyé aux étoiles du passé… pour la plupart éteintes aujourd’hui.

En quinze ans de carrière LCD Soundsystem n’a sorti que quatre albums, une occupation du terrain pour le moins parcimonieuse lorsque on la met en perspective avec la boulimie d’écriture de nombreux autres artistes… mais parmi ces derniers, lesquels peuvent réellement s’enorgueillir d’avoir produit autant de chefs-d’œuvre que d’albums sortis ou de compter, parmi pléthore de disques, au minimum quatre opus essentiels ? Avec ce nouvel acte fondateur, James Murphy confirme qu’il est aujourd’hui un des rares prodiges capables de réaliser ce genre de prouesse.