Liars - TFCF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe américain, actif depuis 2000, dont le seul membre encore opérationnel est le guitariste et chanteur Angus Andrew.

 

De quoi parle-t-on ? :

Cette musique est tout bonnement inclassable, elle amalgame dans la douleur et dans les ténèbres le dubstep, le folk et le rock-indus.  

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Une beatbox omniprésente et un style métronomique qui pourraient inciter au mouvement, mais la noirceur de l’ensemble impose plutôt la frayeur et l’immobilité...

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Un ensemble sombre et glaçant qu’il faut écouter à plusieurs reprises avant de l’apprécier.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Musique très particulière qui sortira difficilement du cadre des amateurs d’arpèges déjantés.

  

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Même s’il est d’une extrême noirceur, le format synthétique permet une écoute confortable en format compressé.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

La musique si singulière de Liars provoque souvent des sentiments contrastés de détestation ou de grande admiration. Ce nouvel opus au minimalisme synthétique très marqué n'échappera pas à cette règle.

Il faut admettre tout de suite que la première écoute de TFCF (abréviation de Theme From Crying Fountain) nous plonge dans la plus profonde des perplexités. Ces expérimentations musicales, parfois poussées à l'extrême, semblent avoir germé dans l'esprit d'un dément. Le chant d'Angus Andrew, qui a quelquefois l'air de venir d’outre-tombe ou d'être enregistré dans un grand moment de fatigue psychologique, ne fait rien pour gommer cette impression...

Mais étrangement, l'effet de notre curiosité malsaine nous attire inexorablement dans la folie harmonique du combo new-yorkais. Le bien nommé The Grand Delusional démarre cet opus dans une sorte de détresse dépouillée et langoureuse. Le chaos synthétique de Cliché Suite entraine alors l’auditeur dans les délires de Liars, aliénation d’ailleurs confirmée en suivant avec l’industriel et torturé Staring At Zero. La ballade presque « normale », No Help Pamphlet, aère quelque peu cette ambiance ténébreuse, mais le dubstep nauséabond de Face To Face With My Face et le folk décharné d’Emblems Of Another Story nous renvoient illico devant les portes de l’enfer. Le « guilleret » No Tree No Branch détonne un peu avec cette atmosphère apocalyptique, mais la fin de TFCF, notamment l’electro hypnotique et métronomique du puissant Coins In My Cage Fist et le mystique et mélancolique Ripe Ripe Rot, se charge d’éteindre les dernières lueurs d’optimisme.

TFCF est donc une réussite. Maintenant seul aux manettes, Angus Andrew perpétue admirablement le travail de recherche et de développement musical déjà entrevu sur les monumentaux WIXIW et Mess.