Saint-Etienne - Home Counties

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Trio anglais, actif depuis 1990, composé de la chanteuse emblématique Sarah Cracknell et des musiciens Bob Stanley et Pete Wiggs.

 

De quoi parle-t-on ? :

Comme à son habitude, le trio navigue dans la synthpop eighties même s’il l’aborde aujourd’hui sous un jour plus mélancolique.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Une baisse de rythme significative au regard du précédent Words And Music, mais encore quelques singles, comme Magpie Eyes ou Dive, capables de vous transporter vers le dancefloor.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

L’essence harmonique est le maitre mot des mélodies de Saint Etienne.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Même si le groupe demeure injustement méconnu, nombre de ces nouveaux morceaux sont taillés pour plaire au grand public.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Seul le chant de Sarah Cracknell pourrait nous inciter à éviter la compression, la musique quant à elle s’adapte très bien à l’écrasement de ses arpèges.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Pour un amateur pur et dur de rock indépendant, il est assez difficile d’admettre que l’oreille la plus intransigeante peut parfois être attendrie par certains styles musicaux réputés plus « commerciaux ».  

L’electropop colorée de Saint Etienne fait partie de ces péchés mignons honteux et défendus que l’on prend plaisir à railler en public mais que l’on adore écouter en cachette. Si la voix et la beauté fatale de la sculpturale Sarah Cracknell sont pour beaucoup dans cet attachement, il ne faut bien sûr pas oublier l’efficacité redoutable des arpèges synthétiques qui les accompagnent.

Depuis maintenant presque trente ans, le trio londonien parsème son parcours de singles dansants et fédérateurs, pour la plupart magnifiquement exposés sur la compilation London Conversations, sortie en 2008. Ce neuvième album studio ne respecte pourtant que partiellement cette habitude. Si les remuants Magpie Eyes, Underneath The Apple Tree, Out Of My Mind, Heather ou l’hommage au Miami Sound Machine, Dive, sont encore là pour insuffler l’esprit festif de Saint Etienne, Home Counties n’a pas la même intensité synthpop que le précédent exercice, Words And Music. Le combo préfère aujourd’hui promener sa pop langoureuse et le chant mélancolique de Sarah Cracknell dans l’univers cinématographique seventies du compositeur français Francis Lai ou dans les envolées tubesques eighties des britanniques de Prefab Sprout. Cela donne les fantastiques Something New, Whyteleafe, Take It All In ou encore le très long Sweet Arcadia.

Comme l’a choisi autrefois le groupe, via son patronyme, en honorant la mémoire de l’histoire footballistique stéphanoise des années soixante-dix, l’inconditionnel du trio voue encore un culte sans bornes à ces nappes synthétiques d’un autre temps, dignement incarnées aujourd’hui par ce nouveau Home Counties.