Goldfrapp - Silver eye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Duo anglais, actif depuis 1999, composé de la chanteuse Alison Goldfrapp et du musicien Will Gregory.

 

De quoi parle-t-on ? :

Goldfrapp prend le contre-pied de son précédent album Tales Of Us et se lance à nouveau dans l’electropop pour dancefloor.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Après la langueur apathique de Tales Of Us, Goldfrapp décide de redémarrer la machine à danser.  

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Le propos synthétique et dansant de Silver Eye est clairement taillé pour s’instiller dans nos esprits.  

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Goldfrapp a, par le passé, déjà produit quelques singles grand public, Anymore ou Ocean devraient aisément compléter cette liste de tubes populaires. 

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

L’electropop uniformise les sons et aseptise la voix toujours sublime d’Alison Goldfrapp, le rendu en format compressé est donc plutôt correct.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Depuis l’extraordinaire Felt Mountain, sorti à l’aube du XXI° siècle, Alison Goldfrapp et son complice Will Gregory se sont ingéniés à brouiller les pistes musicales en alternant tour à tour le trip-hop, l’electropop et le folk intimiste.

Le dernier album en date, Tales Of Us, certainement le plus langoureux et le plus dépouillé de tous, avait sublimé à l’extrême la voix cristalline de la belle anglaise alors à son apogée.

Silver Eye renvoie une nouvelle fois l’inconditionnel vers la piste de danse. Tels les Ooh La La ou Strict Machine d’autrefois, le beat rugueux d’Anymore et la new-wave d’Ocean se tirent déjà la bourre pour déterminer qui remportera l’accessit honorifique du « tube de l’été ». Ces arpèges mielleux un brin racoleurs ne cachent guère leurs intentions, le duo fait une cour effrénée aux radios et au grand public. Deux sentiments s’opposent alors à la découverte de ce nouvel opus, l’admiration devant un groupe capable de changer totalement de style d’un album à l’autre (et rares sont ceux qui peuvent se targuer d’une telle prouesse…) ou la gêne de voir les britanniques galvauder leur immense talent dans ce maelstrom synthétique bassement mercantile. Systemagic et Everything Is Never Enough, baignés eux aussi dans les eaux sirupeuses de l’electropop, enfoncent le clou de cette orientation mainstream.

Mais les londoniens ont fort heureusement plusieurs cordes à leur arc, si une bonne moitié de cet album nous plonge dans la plus profonde des perplexités, quelques titres plus consistants permettent à Silver Eye d’éviter le naufrage. Le bancal et langoureux Faux Suede Drifter, Zodiac Black et son trip-hop inspiré du travail des britanniques d’Archive ou la pop discrète des excellents Beast That Never Was et Moon In Your Mouth rééquilibrent efficacement ce navire en pleine perdition.  

Ce septième album studio n’est donc pas une franche réussite, mais il n’est pas non plus à jeter totalement aux orties. Silver Eye est une sorte d’intermède musical dans le parcours de Goldfrapp qui nous permettra, espérons-le, de patienter jusqu’au prochain chef-d’œuvre du duo britannique.