Xiu Xiu - Forget

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Trio américain, actif depuis 2002, centré autour de la tête pensante Jamie Stewart, accompagné des musiciennes Angela Seo et Shayna Dunkelman.

 

De quoi parle-t-on ? :

Mélange difficilement identifiable de new-wave, d’electropop et de rock psychédélique plutôt situé entre les seventies et les eighties.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Quelques titres pour danser, comme Wondering ou Jenny Gogo, mais un ensemble plutôt mélancolique et ténébreux qui éteint toute velléité de mouvement.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Chez Xiu Xiu, la musique s’écrit dans la douleur et dans la folie.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Ce nouvel album plaira aux auditeurs aux gouts musicaux un brin dérangé.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Musique déjantée aux ambiances multiples difficile à restituer en format compressé.  

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Le stakhanoviste Jamie Stewart (treize albums au compteur en une quinzaine d’années…) ne s’arrête plus de travailler, non content d’avoir incarné la folie de David Lynch en revisitant à sa sauce la bande originale de la série Twin Peaks l’année dernière, le voici de retour avec Forget, ovni musical déjanté et magistral.

Dire que la musique de Xiu Xiu revêt une certaine forme de complexité est un doux euphémisme. S’aventurer dans les expérimentations sonores des californiens relève donc de l’inconscience, mais à l’instar d’un Hidden des These New Puritans ou d’un Ladies And Gentlemen We are Floating In Space des Spiritualized, l’on ne peut se priver du bonheur d’écouter à l’infini ces arpèges tarabiscotés et psychotiques. The Call annonce d’emblée la couleur, Forget sera plus pop et plus entrainant qu’Unclouded Sky, mais attention entrainant ne veut pas dire joyeux, l’electropop angoissante et le chant dépressif de Jamie Stewart rapproche Xiu Xiu de la piste de danse… mais plutôt de celle du bal des vampires. Le psychédélisme de Queen Of The Losers explore le krautrock monumental des allemands de Can. La new-wave eighties de Wondering fait de ce morceau le single imparable de ce nouvel album. Get Up, ballade torturée jouée sous acides, est le sommet hallucinatoire de Forget. Jamie Stewart appose ainsi sa voie démente sur cette musique qui dérape, ces ambiances clair-obscur et cette atmosphère irrespirable, avec ses deux acolytes il touche encore le sublime sur le langoureux Petite ou sur l’éponyme Forget.  

Même si Xiu Xiu nous l’intime avec force dans le titre de ce nouvel opus, nous ne sommes pas prêts d’oublier les étranges mélodies du chef-d’œuvre Forget.