Cloud Nothings - Life Without Sound

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Quatuor américain, actif depuis 2009, centré autour de son leader Dylan Baldi, accompagné de Jayson Gerycz, TJ Duke et Chris Brown.

 

De quoi parle-t-on ? :

Le quatuor abandonne le garage-rock et le son lo-fi pour une power-pop toujours intense mais beaucoup plus aseptisée et bien mieux produite.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Les Cloud Nothings lèvent le pied, mais ils produisent encore quelques brulots qui permettent aisément la pratique du air-guitar.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Les américains ont amélioré leur production et fluidifié leurs compositions, ces nouvelles mélodies sont donc beaucoup plus accrocheuses qu’auparavant.  

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Le propos est certes plus pop mais encore trop bruitiste pour l’auditeur non initié.   

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Encore pas mal de sonorités noisy, mais aussi une propension pop nouvelle qui permet une écoute correcte en format compressé.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en  boucle sur ma platine

 

Déjà le cinquième album, si l’on compte la compilation de leurs premiers morceaux sur Turning On, pour ce groupe américain assez méconnu.

Il faut dire que jusque là les Cloud Nothings naviguaient dans un océan tumultueux grunge-rock et lo-fi peu propice à l’expansion populaire. Est-ce leur virée avec leurs compatriotes de Wavves sur l’album No Life For Me qui a changé la donne? Toujours est-il que leur noisy-rock originel se transforme aujourd’hui en une power-pop mélodique et tubesque. L’ouverture au piano et la langueur du titre Up To The Surface donnent tout de suite le ton de Life Without Sound. Les moyens de production sont maintenant démesurés, le chant de Dylan Baldi est plus apaisé et derrière le bruit le quatuor révèle son essence pop. Things Are Right With You, plus enlevé, confirme cette tendance nouvelle et rappelle par moment la maitrise harmonique de leurs ainés américains, Nada Surf. Avec Internal World, puis Sight Unseen et surtout Modern Act, le combo s’offre trois singles incandescents et imparables qui ne manqueront pas de renverser les foules. Les Cloud Nothings ne renient pourtant pas leurs origines, les sombres et bruitistes Darkened Rings, Strange Year et Realize My Fate nous replongent dans les braises encore fumantes de leurs précédents opus, Here And Nowhere Else et Attack On Memory

Après quelques années d’écriture nerveuse et en apnée dans l’urgence noisy, les originaires de Cleveland apprennent enfin à respirer et installent leur musique abrasive dans les grands espaces du rock américain.