Metallica - Hardwired

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois n'est pas coutume, intéressons nous aujourd'hui au retour d'un antique dinosaure du métal eighties, le quatuor américain Metallica.

Ceux qui ont jeté un coup d'œil distrait sur mes pérégrinations musicales ont certainement remarqué qu'au début des années 80 je me prosternais devant le maître du nouveau métal, le regretté Lemmy Kilmister et son groupe Motörhead, et suivait assidûment quelques unes de ses ouailles aux doux noms évocateurs de Venom, Slayer et bien sûr Metallica.

En repensant tranquillement à ce passé furieux, je peux affirmer aujourd'hui que le très speed Motorbreath, du premier opus Kill'Em All, est certainement le titre que j'ai le plus écouté dans ma vie. Alors adolescent et vivant évidemment encore chez mes parents, je me délectais de cette violence musicale sous mon casque audio, en secouant la tête comme un malade et en pratiquant, ce que d'autres appelleront plus tard, le air-guitar. Ce déluge de riffs, bastonné à grande vitesse, m'a d'ailleurs certainement provoqué quelques lésions auditives irréversibles... mais bon, ceci est une autre histoire. Mes goûts musicaux ont évidemment beaucoup évolué aujourd'hui, mais j'avoue que je ne rechigne pas de temps en temps à réécouter les mythiques The Four Horsemen, Creeping Death, Welcome Home (Sanitarium) ou le sublime One.

A l'instar d'une nouvelle aventure de la saga Harry Potter ou de la sortie d'un nouveau Star Wars, l'annonce d'une nouvelle galette du combo californien est un événement qui ébranle la galaxie métal et qui met en émoi les millions de fans à travers le monde. Mais avec un peu de recul et un minimum d'objectivité, il faut tout de même admettre que depuis le black album en 1991, Kirk Hammett, James Hetfield et Lars Ulrich peinent à retrouver le lustre de leur glorieuse période eighties.

Que doit-on donc penser de ce nouvel opus? Hardwired... To Self-Destruct est un album fleuve découpé en deux parties, comme le fut autrefois l'immense …And Justice For All. Il contient douze morceaux qui dépassent quasiment tous les six minutes. Le speed-metal du titre d'entame, Hardwired, remet très vite  les pendules a l'heure, ceux qui pensaient que les américains allaient lever le pied en raison de leur grand âge en sont pour leur argent. Atlas, Rise!, single précurseur de ce nouvel opus, fait à peine retomber l'intensité. Il faut attendre le très joyeux Now That We're Dead pour sentir un sensible ralentissement du tempo. Bon d'accord, Metallica fait toujours du Metallica, mais finalement qu'attendions nous de plus? Le feu croisé des guitares de Kirk et James, les frappes sauvages de Lars et la ligne de basse du dernier venu Robert Trujillo, sont toujours aussi efficaces. Confusion démarre la seconde partie de Hardwired...To Self-Destruct dans le même esprit, les riffs tronçonneuses reconnaissables entre mille sont toujours la vitrine sonore des originaires de Los Angeles. Cette moitié d'album diffère peu de la première, le brûlot Spit Out The Bone conclut d'ailleurs cet ensemble à la même vitesse supersonique que le morceau d'ouverture, Hardwired.

Si Metallica sortait un album tous les ans ou tous les deux ans, certains fans commenceraient peut-être à se lasser de ce manque d'évolution, mais après huit longues années d'absence qui osera remettre en doute cette maitrise dans l'art de la répétition. Certainement pas un fan de la première heure comme votre serviteur et encore moins les légions d'adorateurs qui ne manqueront pas une nouvelle fois de vénérer leurs idoles.