Odezenne - Dolziger Str 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De qui parle-t-on ? :

Groupe français, actif depuis 2008, composé de Jacques Cormary, Alix Caillet et Mattia Lucchini.

 

De quoi parle-t-on ? :

Un flow en mode spoken words entre chanson française et Hip-hop sur fond d’Electropop dansante ou indolente.

 

Rythme :

-          Je me suis endormi dans mon fauteuil

-          Ne me perturbe pas quand je lis en même temps

-          Mes pieds se mettent à bouger

-          Je me lève et je fais la danse de l’épaule

-          Mes enfants sautent comme des cabris dans la pièce

Difficile de déterminer un rythme d’ensemble pour cet album, Bouche à lèvres et Boubouche peuvent nous entrainer vers la piste de danse mais les autres morceaux sont un peu, voire beaucoup plus lents.

 

Accessibilité :

-          Après plusieurs écoutes je n’ai toujours pas saisi la mélodie

-          Plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier la mélodie

-          Mélodie agréable mais sans aspérité

-          Les refrains entrent directement dans ma tête

-          Que des hits taillés pour les stades

Comme il y a peu de variations dans le chant, il est parfois difficile de différencier les couplets des refrains. De toute manière, ce flow intense de paroles impose forcément plusieurs écoutes.

 

Audience :

-          Musique que madame me demande de réécouter

-          Peut-être écouté en famille sans déranger madame

-          Madame s’en va quand je l’écoute

-          Tellement bizarre que je fais attention d’être seul pour l’écouter

-          Tellement bruyant que mes voisins ne me parlent plus

Quelques singles qui auront certainement un bel avenir mais le style spoken words n’est pas forcément du gout de tout le monde.

 

Qualité audiophile :

-          J’ai l’impression que c’est mon voisin qui écoute l’album

-          Le format MP3 n’altérera pas trop l’écoute

-          S’écoute impérativement en format non compressé (CD ou autre)

Les voix monocordes des chanteurs se posent sur un léger fond d’electropop, pas de souci pour l’écoute en format compressé.

 

Conclusion :

-          Je l’ai écouté une fois mais c’est une fois de trop

-          Après plusieurs écoutes j’ai du mal à m’y faire

-          Je l’écoute facilement mais sans émotion

-          J’ai beaucoup de plaisir à l’écouter

-          Il tourne en boucle sur ma platine

 

Odezenne est l’archétype du self-made band. D’abord repéré lors de ses excellentes prestations scéniques puis, le bouche à oreille et internet aidant, par la presse spécialisée, le groupe, tel un Bérurier noir des temps modernes, refuse toujours de s’aliéner à une quelconque major et autoproduit ses albums sur son propre label au nom un brin ironique, Universeul.        

Le succès du trio ne cesse de progresser et ce n’est que justice quand l’on entend la flamboyance et l’originalité de ses chansons. Dolziger Str. 2 est clairement le meilleur album du groupe, celui qui devrait les faire entrer définitivement dans la lumière. Il faut dire qu’avec le très dansant Bouche à lèvres ou le  Hip-hop de Vilaine, Odezenne tutoie les étoiles. Sur le ton spoken words les mots sont mélangés et réassemblés pour former une poésie abstraite semblable à celle d’Alain Bashung. Le rythme festif de certaines chansons contraste avec le désespoir des textes, Boubouche ou On nait on vit on meurt expriment parfaitement cette opposition. Ranger Odezenne uniquement dans la case Hip-hop serait une grave erreur, ces artistes touchent à tout, naviguent dans les hautes sphères de la chanson française, de l’electropop festive et dans le folk intimiste comme sur les fantastiques Cabriolet ou Vodka.

L’enseignante de collège dont le nom a inspiré le patronyme des français peut être fière de ses anciens élèves. Avec Dolziger Str. 2, Odezenne réussit avec brio son examen d’entrée dans la cour des grands.